Traductions après Nitchès

d’un manuscrit de M. M. Loeb


Première partie

  1. Il y a des gens qui s’appellent « philosophes professionels ». Je dis : on ne doit que penser. Nitchès a écrit (au moins je l’ai lu) que l’université est morte : que ses écoliers l’ont tuée : qu’enseigner la philosophie est la trahir.

  2. Le premier, c’est de définir des mots. Qu’est-ce que le bon, qu’est-ce que le mal ? Est-ce qu’ils ne sont que des jeux linguistiques (comme lesquelles de Wittgenstein) ?

    Les utilitaires—bien avant les anglais qui ne l’ont inventée, cette philosophie, grâce à leur sens natif de moralité contrairement à ce que leurs biographes (et mêmes les biographes de la philosophie) ont écrit dans leurs livres mais qui étaient seulement les premiers à la codifier—ont proposé une système très simple. Ce qui nous rend heureux, c’est le bon ; ce qui n’est pas bon, c’est le mal. Il y a des variations de cette formulation bien sûr mais tout desquelles n’est qu’un réitération du même crédo : la fin de la moralité est la bonheur. Ici encore plusieurs des nouvelles questions apparaissent. La plus importante c’est : quand est-on heureux ? Quand on a beaucoup d’argent ? Quand on aide l’humanité, quand on servit le Dieu, quand on a atteint enfin la paix spirituelle qu’on a toujours rêvé ? Quelqu’un m’a dit (un ami, ma mère, un caractère d’un roman ou d’une rêve, je ne me souviens plus) que la bonheur est agir moralement : donc agir bon. C’est une tautologie (le bon c’est qui nous rend heureux : ce qui nous rend heureux c’est bon) mais peut-être je l’ai compris mal ou il a compris mal Kant. Bien sûr Kant n’était (n’est) pas un utilitaire. Néanmoins je ne peux pas croire (ou je refuse croire) que la seule fondation de la moralité est les résultats, les conséquences, des nos actions : qu’on est toujours justifié si on agit par la bonheur, par sa bonheur.

    Mais on peut arguer qu’on ne peut définir rien…

  3. En Spinoza aussi on lit ça : Le bon est ce qui est utile pour nous.

  4. La question du mal. On commence ici parce que c’est plus facile à définir le mal que le bon. On a deux façons de le définir : (1) comme l’absence du bon, et (2) comme le contraire du bon. Axiomatique à ses définitions est la croyance qu’on peut savoir si une chose ou une action est bonne. Or ne nous inquiétera pas encore sur la définition de « bonne ».

    Bien, il existe une troisième : supposer que le mal n’existe pas, ou bien parce qu’on pense qu’il n’est qu’une face, une manifestation, du bon (c’est-à-dire tout ce qui existe est bon, est le mal n’est qu’une illusion) ou bien parce qu’on maintient qu’il n’existe ni le mal ni le bon ni aucune distinction, en fait, et supposer autrement est superficiel et faux.

    (Cette question du mal n’est pas la problème du mal, c’est-à-dire le question tous les théologiens essaient résoudre : si Dieu existe, pourquoi y a-t-il du mal au monde ?)

    Examinons-nous ce troisième argument. La plupart de ceux qui y croient maintiennent que tout les distinctions morales est futile. Certains y attribuent mal à l’existentialisme, un malentendu de son concept de la liberté et de l’absurde. Mais l’existentialisme a sa propre fondation éthique : la vie authentique. Le mal donc n’est qu’un échec ou un refus de vivre authentiquement. Les autres qui croient que le mal n’est qu’une manifestation du bon sont souvent motivés de la religion, de la croyance que tout ce que Dieu a fait est bon et donc le mal aussi est du bon—que le mal, c’est bon. Mais c’est absurde, ça, pas seulement linguistiquement mais aussi parce qu’il contredit notre raison. On ne peut pas ignorer ou oublier cette distinction. Tout l’éthique, même tout la philosophie, reste sur cela.

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